Les actus de Ste Emilie du Villefranchois
Les actus de Ste Emilie du Villefranchois
La Providence … ou plutôt le bon Dieu était au rendez-vous, ce samedi 25 juillet 2026. Après plusieurs jours de forte chaleur, la canicule a marqué une pause, offrant aux randonneuses et randonneurs des conditions idéales pour cette belle pélé-rando.
Le parcours les a conduits jusqu'aux anciens moulins des bords de l'Aveyron, où Jean-Pierre Mangé leur a présenté un passionnant exposé sur leur histoire. La randonnée s'est ensuite poursuivie vers l'oppidum de Saint-Jean d'Aigremont, où Michel Allot a partagé de nombreuses explications sur ce site remarquable.
Au total, les pèlerins ont parcouru près de 12 kilomètres, soit environ quatre heures de marche, de découvertes et de convivialité, avec l'ascension de la colline de Saint-Jean d'Aigremont par le chemin du Boï.
La journée avait débuté à la collégiale Notre-Dame, où le père Florent avait accueilli les participants et leur avait donné sa bénédiction. Au son du carillon interprétant Ultreïa, les marcheurs se sont ensuite mis en route.
Renseignements : Association du Bas Rouergue vers Compostelle – 06 18 15 18 02 ou 06 95 13 11 62.
mail : pelerin@verscompostelle.fr web : https://www.verscompostelle.fr
À midi, chacun a partagé son repas tiré du sac à l'ombre près du calvaire. Puis le carillon a de nouveau résonné, invitant les pèlerins à rejoindre la chapelle Saint-Jean d'Aigremont pour un temps de recueillement et les vêpres. En milieu d'après-midi, le groupe est redescendu vers Villefranche par l'antique voie romaine, avant de conclure cette magnifique journée autour du verre de l'amitié.
Cliquez ici pour visionner 74 belles images réalisées par Yves Prieto.
En pleine période d'Occupation, alors que la France traverse l'une des heures les plus sombres de son histoire, un vent de ferveur et d'espérance s'est levé sur le Rouergue. En juin 1941, Villefranche-de-Rouergue est devenue le théâtre de célébrations grandioses à l'occasion de la béatification de la vénérable Mère Émilie de Rodat, fondatrice de la Congrégation de la Sainte-Famille. Un événement d'une ampleur exceptionnelle qui reste gravé comme un moment de communion spirituelle et populaire hors du commun.
Le 9 juin 1941, le pape Pie XII proclame Émilie de Rodat « bienheureuse » à Rome (elle sera canonisée quelques années plus tard, en 1950). Mais c'est à Villefranche, là où la sainte a fondé son œuvre pour l'instruction des filles pauvres et le soin des malades, que la joie éclate avec le plus d'intensité.
Pendant plusieurs jours, la bastide rouergate se pare de ses plus beaux atours. Les rues médiévales sont pavoisées de banderoles, d'oriflammes aux couleurs du Vatican (jaune et blanc) et de la France, tandis que les façades des maisons sont fleuries par les habitants. Pour une population marquée par les privations de la guerre, ces fêtes chrétiennes offrent une parenthèse de lumière et un puissant élan de réconfort.
Les festivités, qui s'étalent sur un grand triduum (trois jours de prières et de fêtes), attirent une foule considérable. On estime que des milliers de pèlerins, venus de tout l'Aveyron et des départements voisins, ont envahi la ville.
La procession solennelle : Le moment le plus spectaculaire reste la grande procession à travers les rues de la bastide. Les reliques de la bienheureuse sont portées en triomphe, escortées par un impressionnant cortège : des centaines de religieuses de la Sainte-Famille, les enfants des écoles catholiques en tenue de fête, les congrégations locales, ainsi qu'un clergé particulièrement nombreux.
Les offices à la Collégiale Notre-Dame : La majestueuse collégiale s'avère trop petite pour accueillir la foule des fidèles. Des messes pontificales y sont célébrées en présence de plusieurs évêques, dont Monseigneur Challiol, alors évêque de Rodez, qui ne cache pas sa fierté de voir une enfant du pays ainsi honorée par l'Église. Les chants sacrés résonnent sous les voûtes, portés par une ferveur palpable.
Le recueillement à la Sainte-Famille : La maison-mère de la congrégation devient le point de ralliement des pèlerins. Chacun veut se recueillir dans la chapelle où repose le corps d'Émilie de Rodat, pour confier ses peines, ses espoirs et prier pour la paix alors que le conflit mondial fait rage.
Au-delà de l'aspect purement religieux, ces cérémonies de 1941 revêtent une dimension mémorielle forte. Célébrer Émilie de Rodat — une femme qui, au lendemain de la Révolution française, s'était dévouée aux plus miséreux et avait reconstruit un lien social par l'éducation — résonne profondément avec le contexte de l'époque.
Pour les Rouergats, cette béatification est une affirmation de leur identité, de leurs valeurs de solidarité et d'une foi que même les temps de guerre ne peuvent faire vaciller. L'événement aura marqué toute une génération de Villefranchois, unissant dans un même élan la dévotion à celle qu'on appelle désormais « la sainte du Rouergue ».
Une messe sera célébrée à partir de 11 heures, dans l'église où le père Hamel a trouvé la mort. Elle sera présidée par le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal Jean-Marc Aveline. Le Premier ministre Sébastien Lecornu prononcera ensuite un discours, en présence de François Hollande, président de la République au moment de l'attentat.
Il avait été égorgé pendant qu'il célébrait la messe. Dix ans après son assassinat par deux jihadistes, la France rend hommage au père Jacques Hamel, dimanche 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), près de Rouen. La mort dans un attentat de ce religieux, connu pour son engagement en faveur du dialogue entre les religions, a profondément marqué le pays.
Les deux jeunes assaillants, qui se réclamaient du groupe État islamique (EI), avaient aussi grièvement blessé une autre personne, au moment où la France était frappée par une vague d'attaques terroristes. Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, tous deux 19 ans, avaient été abattus par les forces de l'ordre.
Sont également attendus, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, ainsi que Bernard Cazeneuve qui occupait cette fonction en 2016. Le maire du Havre et ancien Premier ministre, Edouard Philippe, sera également présent, invité à la cérémonie comme tous les maires de Seine-Maritime et une centaine d'autres élus locaux.
Roseline Hamel est la sœur du père Jacques, assassiné le 26 juillet 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray. Nassera Kermiche est la mère d'Adel, 19 ans, l'un des deux terroristes. Il y a neuf ans, elles ont choisi de se rencontrer. Aujourd’hui, elles témoignent de leur amitié.
Pour beaucoup, leur rencontre était impensable. Car le 26 juillet 2016, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean tuaient le père Jacques Hamel en pleine messe dans son église avant d’être abattus par les policiers de la brigade anticriminalité.
Pour Roseline Hamel, la sœur du prêtre assassiné et Nassera Kermiche, la mère d'Adel, elle est devenue une nécessité.
Neuf mois seulement après l'attentat, en avril 2017, la sœur du père Hamel se rend pour la première fois au domicile de la famille Kermiche à Saint-Etienne-du-Rouvray.
À 76 ans, elle l’avoue volontiers : après la mort de son frère, il lui aurait été facile de se laisser mourir. Mais par amour pour ses enfants, elle cherche un chemin pour continuer à vivre.
"La raison qui m'a décidé à rencontrer Nassera, explique Roseline Hamel, c'est quand au bout de quelques mois, je me posais des questions pour avoir la force de rester debout avec ce mal, cette souffrance qui me rongeait à l'intérieur."
À force de chercher ce chemin, il me venait en évidence de rencontrer Nassera après m'être posé une question : qui peut souffrir plus que moi ? Je n'ai alors pas cessé de penser à cette dame que je ne connaissais pas, mais qui comme moi était une maman. Je me suis mise à sa place. J'ai inversé les rôles et je me suis imaginée ce qu'elle pouvait vivre.
Quelques mois auparavant, Nassera Kermiche, de son côté, a déjà tenté d’entrer en contact avec les sœurs qui étaient présentes ce 26 juillet 2016. En vain. Trop tôt pour les victimes. Alors quand Roseline Hamel cherche à la rencontrer, elle est à la fois "contente et inquiète de ce qu’elles vont pouvoir se dire".
Entre légende et réalité, les multiples récits concernant la reine de Saba invitent le croyant à réfléchir sur son propre rapport à la grandeur divine. Marchons sur les pas de celle qui sut ouvrir son cœur à Dieu malgré toutes ses richesses et sa beauté…
C’est au Livre des Rois que nous pourrons trouver la première référence à un personnage aussi mystérieux qu’appelé à une longue destinée, à savoir la reine de Saba, régnant sur la riche Arabie du Sud et sur les terres au nord de l’actuelle Ethiopie. Légende pour certains, personnage ayant réellement existé pour d’autres, la reine de Saba appartient incontestablement au domaine de la foi pour les chrétiens, et même plus pour les Ethiopiens qui la nomment Makedo et la revendiquent comme fondatrice de la dynastie des Négus, souverains jusqu’à Hailé Sélassié au XXe siècle.
La Bible nous apprend que la reine de Saba, réputée pour sa beauté et l’immensité de ses richesses, avait été interpellée par la réputation de Salomon, connu en effet pour sa proverbiale sagesse. Celle qui possédait tout, se devait d’aller voir qui pouvait encore rivaliser avec elle… C’est ainsi qu’elle se mit en marche avec sa suite en un long voyage de Saba à Jérusalem dont la Bible nous livre le récit détaillé : "Elle arriva à Jérusalem avec une escorte imposante : des chameaux chargés d’aromates et d’une énorme quantité d’or et de pierres précieuses" (1R 10, 1-13).
Le texte précise que la reine fit présenter au roi deux cent vingt lingots d’or, sans oublier les aromates et les pierres les plus précieuses, ainsi que du bois de santal pour l’édification du Temple et d’autres instruments de musique. Que pouvait dès lors en retour offrir le roi Salomon face à une telle surabondance de richesses et de splendeurs que nul n’avait vue jusqu’alors et ne verrait après, souligne la Bible ?
Après que le roi Salomon eut répondu à toutes les questions et autres énigmes qu’avait préparées la reine, cette dernière proclama cette confession de foi passée à la postérité : "Béni soit le Seigneur ton Dieu, qui t’a montré sa bienveillance en te plaçant sur le trône d’Israël. Parce que le Seigneur aime Israël pour toujours, il t’a établi roi pour exercer le droit et la justice" (1R 10,9).
La reine païenne reconnut ainsi, non seulement la sagesse proverbiale de Salomon, mais également l’origine de cette renommée, à savoir le Dieu d’Israël. Le Nouveau Testament dans l’évangile de Luc confirme également cet évènement : "Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon".
Si le judaïsme, le christianisme, et l’islam qui la nomme Balkis, reconnaissent la reine de Saba comme une reine incontournable, la culture a su également se saisir très tôt de ce merveilleux personnage. La légende voudrait ainsi que la reine de Saba se soit unie au roi Salomon et qu’ils aient eu un enfant, symbole de la conversion de la reine à la foi en un Dieu unique. Cette femme décidément enchanteresse sera appelée Sibylla par les Grecs et Regina Sibilla dans l’Occident médiéval, et sera même associée à la reine Pédauque, représentée sur les portails de nombreuses églises.
Des fouilles archéologiques ont même été menées au siècle passé jusqu’en 2008 par des archéologues de l’université de Hambourg, chacune de ces missions pensant avoir trouvé le palais de la légendaire souveraine…
Au-delà de ces recherches archéologiques, il demeure que la reine de Saba est devenue depuis des siècles un personnage mythique incontestable, dont la réalité est gravée définitivement dans la pierre des églises, tout autant que sur les toiles des plus grands maîtres de la peinture. Il suffira pour s’en convaincre d’apprécier la délicatesse de cette rencontre de la reine et de Salomon par Piero della Francesca au XVe siècle ou encore d’admirer les détails de cet embarquement de la reine évoqué par Claude Lorrain au XVIIe siècle Le compositeur Charles Gounod au XIXe siècle lui a même consacré un opéra entier "La Reine de Saba". De même, cette envoûtante reine a également su inspirer écrivains et penseurs du XXe siècle, on songe à Romain Gary ou encore à Malraux qui n’hésita pas à partir en avion chercher le Royaume de la reine de Saba au péril, selon son récit, de sa vie… Soulignons encore le 7e art qui a immortalisé définitivement la souveraine sous les traits de la comédienne Gina Lollobrigida dans le film Salomon et la Reine de Saba de King Vidor en 1959, signe que la reine de Saba n’a pas fini de faire parler d’elle...
Foirail de la Madeleine
ZI Les Gravasses Avenue du 8 mai
12200 Villefranche de Rouergue
Sœur Colette Marre de la congrégation des sœurs de la Sainte-Famille, née à Montpellier (34) le 29 septembre 1930, est décédée le 13 juin 2026, à l'Ehpad Sainte-Claire, à l'âge de 96 ans dont 77 ans de vie religieuse. Dans l'espérance de la résurrection, nous sommes unis dans la prière.
Sœur Agnès Vidal de l'Institut des Sœurs de Saint-Joseph est retournée à Dieu. Elle est décédée à la Résidence Saint-Jean-XXIII de Rodez, à l'âge de 101 ans dont 85 ans de vie religieuse. Prions pour elle, que le Seigneur l'accueille dans sa tendresse.
Michel Boyer, né le 20 avril 1941, ordonné prêtre pour le diocèse de Rodez et Vabres par Mgr Jean Ménard, le 29 juin 1966, est décédé le 26 mai. Les funérailles ont eu lieu le mercredi 27 mai à la chambre funéraire Ferrand-Forgeas de Rodez.
Sœur Thérèse Roques de l'Institut des Sœurs de Saint-Joseph est retournée à Dieu. Elle est décédée à la Résidence Saint-Jean-XXIII de Rodez, à l'âge de 97 ans, dont 78 ans de vie religieuse. Prions pour elle, que le Seigneur l'accueille dans sa tendresse.
Vaureilles, Rodez, Onet-le-Château.
Marie-Pierre et Laurent BELET, Bertrand et Pascale MALAVAL, Virginie et Franck TOURNERET, ses enfants; ses petits-enfants; ses beaux-frères et ses belles-sœurs; ses neveux et nièces, et toute la parenté ont la tristesse de vous faire part du décès de
Madame Jeanne MALAVAL née MOULS, survenu à l'aube de ses 90 ans, désormais unie à son époux, Joachim MALAVAL, décédé en 2023.
Les obsèques religieuses seront célébrées le mardi 28 juillet 2026, à 10h30 en l'église Saint-Géraud de Montbazens. Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire Bros, 20 route de la Ramondie, à Lanuéjouls. Tél 05 65 81 94 24. Dépôt de condoléances sur https://www.pf-bros.fr/
Villefranche-de-Rouergue
La famille MADEDDU a la tristesse de vous faire part du décès de
Madame Christiane MADEDDU née LAMANILEVE survenu le mardi 21 juillet 2026, à l'âge de 75 ans.
Les obsèques religieuses seront célébrées le mardi 28 juillet 2026, à 10 h 30, en la collégiale de Villefranche-de-Rouergue, suivies de l'inhumation au cimetière de Figeac.
Un dernier hommage peut lui être rendu à la Maison funéraire Freycinet, 206, rue des Marbriers, Villefranche de Rouergue. Tél 05 36 37 26 09. Dépôt de condoléances sur freycinetfunéraires.com. PF roc Eclerc Figeac 05.65.50.00.57
Père Michel Ginisty, né le 29 septembre 1929, à Rodez, ordonné prêtre le 29 juin 1955 par Mgr Jean Ménard à la cathédrale de Rodez, est décédé le 16 juin 2026 à la maison de retraite Saint-Amans de Rodez. La messe de sépulture a eu lieu le mardi 23 juin, présidée par Mgr Luc Meyer, à la cathédrale de Rodez.
Père Gérard Marty, né le 29 juillet à Sanvensa (12), ordonné prêtre le 29 juin 1965 par Mgr Ménard à la cathédrale de Rodez, est décédé le 24 juin 2026 à la maison de retraite Saint-Amans de Rodez. La messe de funérailles a eu lieu le samedi 27 juin, présidée par Mgr Luc Meyer, en l'église Saint-Joseph-l'artisan à Onet-le-Château.
Sœur Martine de la Croix Carivenc de la congrégation des Sœurs dominicaines de Notre-Dame-du-Très- Saint-Rosaire de Monteils, de la communauté de Bor (Aveyron), née le 7 septembre 1938 à Rayssac (Tarn), est décédée le 22 juin 2026, à l'hôpital de Villefranche (Aveyron), dans sa 88e année et la 65e de sa profession religieuse. Les obsèques ont eu lieu le jeudi 25 juin, en l'église de Bor, suivies de l'inhumation au cimetière des Sœurs de Bor.
Le précédent le plus marquant demeure cependant celui de la crise sanitaire. En mai 2020, le Conseil d'État suspendit l'interdiction générale des célébrations publiques, estimant qu'elle portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte
Les quatre congrégations catholiques qui viennent de saisir la justice américaine contre l’État de New York ont remis en lumière une question qui pourrait rapidement se poser en France : jusqu’où les institutions religieuses peuvent-elles résister lorsqu’une loi les oblige, directement ou indirectement, à agir contre leur conscience ? En France, la loi sur l' »aide à mourir » a été définitivement adoptée et fait actuellement l’objet d’un examen par le Conseil constitutionnel. Cette saisine émane notamment du président du Sénat et de parlementaires. La Conférence des évêques de France, quant à elle, ne pouvait pas déposer un tel recours : la Constitution réserve cette faculté à certaines autorités politiques.
À ce jour, les évêques de France n’ont d’ailleurs pas annoncé officiellement qu’ils s’associaient juridiquement aux recours en cours devant le Conseil constitutionnel. Dans leur communiqué publié après le vote de la loi, ils dénoncent une « rupture grave », réaffirment leur opposition catégorique au texte et assurent de leur soutien les soignants, les établissements catholiques et tous ceux qui refuseraient de participer à une aide à mourir pour des raisons de conscience.Pour autant, l’histoire juridique récente montre que le combat pourrait ne pas s’arrêter à la décision des Sages.
Une fois la loi promulguée, ce sont en effet les décrets d’application qui pourraient ouvrir un nouveau front judiciaire. Si l’un de ces textes imposait à un hôpital, un EHPAD ou une œuvre catholique d’organiser, de faciliter ou de coopérer à un acte d’aide à mourir, un recours devant le Conseil d’État deviendrait envisageable. Ce ne serait pas une première.
En 2017, l’Union des associations diocésaines de France, avec le soutien de la Conférence des évêques de France, avait contesté devant le Conseil d’État un décret relatif à la formation des aumôniers militaires, hospitaliers et pénitentiaires. Les requérants estimaient que l’État empiétait sur l’organisation des cultes. Le recours fut finalement rejeté en 2018, mais le Conseil d’État examina l’affaire sur le fond, reconnaissant ainsi la recevabilité de cette démarche.
Quelques années plus tard, en 2022, l’Union des associations diocésaines participa également aux recours contre certains décrets d’application de la loi dite « séparatisme ». À cette occasion, une Question prioritaire de constitutionnalité fut transmise au Conseil constitutionnel, qui examina les griefs relatifs à la liberté d’association et au libre exercice des cultes. Là encore, les requérants n’obtinrent pas l’annulation des textes, mais ces procédures ont démontré que les institutions catholiques pouvaient saisir les plus hautes juridictions françaises lorsque leur liberté religieuse était en jeu.
Le précédent le plus marquant demeure cependant celui de la crise sanitaire. En mai 2020, le Conseil d’État suspendit l’interdiction générale des célébrations publiques, estimant qu’elle portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte. Cette décision demeure une référence majeure en matière de protection des libertés religieuses.
Dans le dossier de l' »aide à mourir », le scénario pourrait donc être très différent de celui observé aujourd’hui devant le Conseil constitutionnel. Le recours ne porterait plus directement sur la loi, mais sur son application concrète. Si un établissement catholique était contraint d’accueillir ou de faciliter une aide à mourir contre son identité propre, il pourrait demander au Conseil d’État d’annuler les dispositions réglementaires qui lui seraient imposées.Au cours de cette procédure, il serait également possible de soulever une Question prioritaire de constitutionnalité afin que le Conseil constitutionnel réexamine certaines dispositions de la loi sous l’angle de la liberté de conscience ou de la liberté religieuse.
Le requérant le plus crédible ne serait probablement pas la seule Conférence des évêques de France, mais un établissement directement concerné : un EHPAD catholique, un hôpital confessionnel, une congrégation religieuse ou encore un professionnel de santé sanctionné pour avoir refusé de participer à une aide à mourir.
Ainsi, si la décision du Conseil constitutionnel est très attendue, elle ne constituera peut-être pas le dernier chapitre de cette affaire. À l’image de ce qui se passe aujourd’hui à New York, une nouvelle bataille pourrait s’engager devant le Conseil d’État. La question est désormais de savoir si les institutions catholiques françaises choisiront, elles aussi, d’emprunter cette voie judiciaire pour défendre leur liberté de conscience et leur liberté religieuse.
Alors que le pape Léon XIV achève quelques jours de repos à Castel Gandolfo avant une rentrée qui s'annonce particulièrement chargée, les appels à des décisions fortes se multiplient au sein de l'Église
Pendant les premiers mois du pontificat de Léon XIV, beaucoup ont voulu laisser au nouveau pape le temps d’imprimer sa marque. Mais après plus d’une année de gouvernement, les attentes deviennent plus pressantes. Sans jamais remettre en cause leur fidélité au Successeur de Pierre, plusieurs voix influentes de l’Église expriment désormais le souhait de voir le Saint-Père poser des actes forts sur les grands dossiers hérités du pontificat précédent.
C’est notamment le sentiment qui se dégage des récentes interventions des cardinaux Raymond Leo Burke et Robert Sarah. L’éditorialiste italien Stefano Fontana dans La Bussola y voit une invitation implicite adressée au pape à savoir dire plusieurs « cela suffit ! » face à des processus qu’il estime désormais hors de contrôle. Cette formule est la sienne, mais elle résume le climat qui ressort des déclarations des deux prélats. Dans un entretien accordé au College of Cardinals Report, le cardinal Burke a appelé à suspendre le processus actuel de la synodalité afin qu’il fasse enfin l’objet d’un examen théologique approfondi. Selon lui, il en va « de la vie même de l’Église et du salut des âmes ». Il rappelle que la synodalité, telle qu’elle est aujourd’hui développée, ne repose pas sur une définition doctrinale clairement établie et qu’elle demeure, selon ses propres promoteurs, une démarche expérimentale.
Quelques semaines plus tard, dans un entretien accordé à la journaliste Diane Montagna, le cardinal Robert Sarah a lui aussi invité Léon XIV à intervenir personnellement sur plusieurs dossiers sensibles. Il demande notamment un examen approfondi du rapport du Groupe 9 du Synode avant toute diffusion dans les diocèses, une clarification de la doctrine de l’Église concernant l’homosexualité, ainsi qu’une réévaluation des conséquences de Fiducia supplicans. Il exprime également le souhait de voir Traditionis custodes au minimum neutralisé dans ses effets, voire abrogé. Le cardinal est également revenu sur l’épisode de la Pachamama lors du Synode sur l’Amazonie, appelant à préserver l’Église de toute forme de syncrétisme.
Ces prises de position ne constituent pas une rupture avec leur ligne habituelle. Elles prolongent un engagement ancien en faveur de la continuité doctrinale et de la tradition liturgique. En octobre 2025, dans un entretien exclusif accordé à Tribune Chrétienne, le cardinal Robert Sarah exhortait déjà l’Église à remettre Dieu au centre, à retrouver le sens du sacré et à ne pas céder aux logiques purement sociologiques ou idéologiques.
Ces appels prennent d’autant plus de relief qu’ils interviennent quelques jours seulement après la crise provoquée par les sacres épiscopaux réalisés par la Fraternité Saint-Pie X. À cette occasion, tant le cardinal Burke que le cardinal Sarah avaient clairement réaffirmé leur fidélité au Saint-Siège tout en condamnant des consécrations épiscopales effectuées sans mandat pontifical.
Leur parole ne s’inscrit donc pas dans une logique d’opposition au pape, mais dans celle d’une fidélité exigeante qui attend de l’autorité pontificale qu’elle exerce pleinement sa mission de confirmation dans la foi.
Cette attente rejoint d’ailleurs d’autres appels exprimés ces dernières semaines. Dans un entretien accordé à Tribune Chrétienne, Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, regrettait que cinq ans après Traditionis custodes, « rien n’a changé » pour de nombreux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle. Évoquant des « manifestations de discrimination », affirmant « Venez et Voyez « , il invitait les évêques de France à mieux connaître ces communautés et à dépasser les préjugés qui continuent de peser sur elles.
Dans ce contexte, certains observateurs ont vu dans la récente nomination de Mgr Salvatore Joseph Cordileone comme préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique un premier signal envoyé par Léon XIV. Archevêque de San Francisco, connu pour sa fidélité au Magistère, son attachement à la liturgie et la clarté de ses positions doctrinales, il est perçu par beaucoup comme une personnalité capable de contribuer à un rééquilibrage de la gouvernance de l’Église.
Pour autant, cette nomination ne répond pas à elle seule aux nombreuses attentes exprimées par une partie des fidèles. Les questions de la synodalité,de liturgie, de Fiducia supplicans, de Traditionis custodes ou encore de la clarification doctrinale sur plusieurs sujets demeurent ouvertes. Après plus d’un an de pontificat, nombreux sont ceux qui estiment que le temps des premiers gestes symboliques touche à sa fin. Sans remettre en cause leur communion avec le Successeur de Pierre, plusieurs cardinaux, responsables ecclésiaux et fidèles expriment désormais l’espérance que le pontificat de Léon XIV entre dans une nouvelle phase, celle de décisions capables d’apporter les clarifications attendues et de restaurer une véritable paix ecclésiale.
L'été est propice pour réfléchir aux activités de la rentrée et aux inscriptions à anticiper... Votre enfant a peut-être entendu parler du catéchisme à l'école, par des copains, avec ses grand-parents...
Au mois de septembre, les paroisses organisent toutes des inscriptions pour accueillir au catéchisme les enfants qui souhaitent découvrir Jésus et ce que signifie "être chrétien".
Si vous hésitez parce que vous vous demandez "Pourquoi inscrire mon enfant au catéchisme ? Qu'est-ce que ça lui apportera ?", nous vous invitons à consulter ce site internet et à rencontrer votre curé ou le responsable de catéchèse de votre paroisse qui seront heureux de vous présenter les propositions dans votre paroisse.
"Face aux incendies dévastateurs qui, ces derniers jours, ont ravagé plusieurs localités en France et en Espagne, j’exprime ma proximité et j’invite tous à prier pour les personnes touchées ainsi que pour le travail des secouristes", a assuré Léon XIV ce 26 juillet à l'issue de l'Angélus.
Àla fin de l’Angélus, récité à Castel Gandolfo ce 26 juillet 2026, le pape Léon XIV a apporté son soutien à tous ceux qui souffrent de la multiplication des incendies. "Face aux incendies dévastateurs qui, ces derniers jours, ont ravagé plusieurs localités en France et en Espagne, j’exprime ma proximité et j’invite tous à prier pour les personnes touchées ainsi que pour le travail des secouristes", a-t-il affirmé.
Les fortes chaleurs, les vents violents et la sécheresse prolongée ont provoqué de très graves incendies en France et en Espagne. Dans la péninsule Ibérique, sont particulièrement touchées les régions de Madrid et de Tolède, l’Andalousie et la province de León. En France, ce sont le massif des Landes et la Gironde qui sont particulièrement impactés, mais aussi le Var, les Bouches-du-Rhône et la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris. Les gouvernements espagnol et français ont décrété des moyens exceptionnels pour lutter contre les feux.
"Nous invitons les catholiques à prendre généreusement part aux élans de solidarité qui se mettent en place."
Ces dernières années, les papes ont régulièrement apporté leur soutien aux victimes des nombreux incendies. Cela a été le cas pour des feux en Corée du Sud en mars 2025, en Californie en janvier 2025, au Chili en février 2024, ainsi qu'en Italie, au Portugal, en Grèce et à Hawaï en août 2023.
Une prière que partage l'Église en France. Depuis le début de l’été, les incendies que connaît la France ont déjà parcouru près de 100 000 hectares, provoqué le déplacement d'environ 170 000 personnes et détruit de très nombreuses habitations et forêts. "À toutes les personnes touchées par ces catastrophes et contraintes d’évacuer leur maison, à celles qui ont perdu leurs biens ou le fruit de leur travail, aux pompiers blessés, ainsi qu’aux familles de ceux qui ont offert leur vie, nous voulons exprimer notre proximité.
Nous les assurons de notre prière", ont ainsi affirmé les évêques de France ce 26 juillet. "Nous invitons les catholiques à prendre généreusement part aux élans de solidarité qui se mettent en place. Nous encourageons les paroisses à laisser leurs églises ouvertes, lorsque cela est possible : beaucoup offrent un refuge de fraîcheur au cœur de la chaleur estivale. Les salles paroissiales peuvent également devenir des lieux d’accueil pour les personnes déplacées, afin de leur offrir le repos, le réconfort et l’aide concrète dont elles ont besoin."
L'incendie hors norme et imprévisible qui ravage la Gironde depuis mercredi reste dimanche à une quinzaine de kilomètres de la métropole bordelaise, forçant l'évacuation sans précédent de communes entières, mais les températures élevées des prochains jours pourraient "aggraver le phénomène". Des milliers de pompiers et militaires, impuissants face à un brasier extraordinaire comparé par un pompier à un ouragan, s'acharnent sur son périmètre pour tenter de protéger le plus de bâtiments possible et de le priver de combustible. Les flammes ont ravagé depuis mercredi 42.000 hectares, un chiffre stable par rapport au dernier bilan mais le feu "poursuit sa progression", selon un point de la préfecture à 16h30.
Pendant tout l’été 2026, des musiciens passionnés vous offriront des animations musicales associées à des visites commentées durant les jeudis de l'été de 18h à 19h :
Jeudis 29 juillet, 6 août, 20 août et 27 août : notre carillonneur Paul-Henri Mériau accueillera les visiteurs et leur fera découvrir la musique carillonnée.
Et des concerts de carillon illustreront l'été :
lundi 10 août 18h-19h: Concert du carillonneur néerlandais Dick Van Djirk de Neuwergein
dimanche 23 août 18h-19h : Concert du carillonneur espagnol Blai Ciurana Abelli de Barcelone.
Et chaque semaine, auditions de carillon durant les marchés du jeudi et du samedi de 9h30 à 10h15.
Combien sont-ils depuis ce sinistre 15 juillet, où la France a légalisé l’euthanasie des "éligibles", à avoir peur de se sentir inutiles et de mourir ? Pour échapper à la souffrance, s’indigne notre chroniqueur Jean-Etienne Rime, on les déclare dignes d’être abandonnés, alors que ces témoins d’humanité n’ont jamais été aussi nécessaires.
Elle sera bientôt centenaire, elle a quitté sa maison et vit depuis peu dans ce que l’on appelle encore élégamment Ehpad et que l’on va rebaptiser Maison France Autonomie (comme si l’on gardait de l’autonomie dans ces lieux). Elle a été contrainte à rejoindre ce type de résidence par la nécessité de soins réguliers. Elle ne sert plus à personne, elle coûte à la société, percevant une retraite et coûtant cher à la Sécurité sociale. Elle est éligible à cette loi pas encore promulguée qui s’appelle pudiquement "fin de vie, droit de mourir dans la dignité". Elle le sait et elle a peur, cette angoisse hante ses nuits d’autant plus qu’elle a des pertes cognitives et tout s’emmêle dans son cerveau. Combien sont-ils depuis ce sinistre 15 juillet à avoir peur tout simplement parce qu’ils ont atteint un âge avancé ?
Comme ces nouveaux angoissés, elle a eu une vie active et sans vague. Elle était une femme active qui a élevé ses enfants puis a beaucoup reçu ses petits-enfants tout en s’engageant dans la vie associative, elle a donné du temps, de l’énergie et tant d’amitié à ceux qui était dans la solitude ou dans la pauvreté matérielle. Elle a aussi étudié jusque dans ces dernières années, intéressée par l’actualité et les changements du monde. Cette femme active a joué pleinement son rôle dans la société et lorsque son mari est mort, elle a continué à s’engager par fidélité à la mission qu’elle s’était donnée : aider les autres.
Plus tard, ses activités se sont réduites mais elle a maintenu ses relations amicales et sociales. Puis la grande vieillesse est venue, elle a été malade, proche de la mort mais s’est battue pour vivre. Elle est maintenant dans cette maison-mouroir, elle ne sert plus à rien. Elle n’est utile à personne. Comme tous les vieillards, elle n’est plus utile à personne si tant est que ce mot "utile" soit moralement acceptable.
Personne ? En regardant de plus près, elle est devenue à elle toute seule un message, un enseignement, une espérance. Un message, celui d’une vie digne et charitable, un mot que l’on n’ose plus employer et qui est si beau. Charitable dans le sens du cœur ouvert, modèle de vie pour tant d’autres à commencer par sa famille. Il faut des modèles, des références. On se plaît à lire les vies de saints qui sont édifiantes mais les proches, ceux qui respirent le même air que nous sont des modèles accessibles et de plus, ceux sont eux qui ont formé nos existences.
Nos vieux, nos très vieux — appelons-les ainsi, c’est plus juste que le "grand âge" — n’ont pas eu une vie toujours exemplaire mais par ce qu’ils ont réalisé, ils nous laissent ce message de l’engagement, de l’amour familial, de la relation aux autres et de la dignité.
C’est un enseignement. On parle tant de cette jeunesse délinquante et violente et c’est une réalité croissante parce qu’il manque de modèles, de cadres, de tuteurs. Si les personnes âgées ne peuvent être des référents de tous les jours, ils ont une expérience, une parole, une aura et on ne doit pas les cacher aux jeunes, au contraire, favoriser des rencontres qui sont fertiles et joyeuses pour les uns et les autres. En Afrique, les cheveux blancs sont respectés, en Europe, ils sont marginalisés, mis hors de la société alors qu’ils ont tant à dire aux générations plus jeunes.
Les vieux comme cette presque centenaire sont espérance. Il suffit pour comprendre d’observer ceux qui lui rendent visite. Ses enfants, les visiteurs, car elle n’a plus d’amis — ils sont tous passés au-delà — les soignants, viennent la voir avec douceur. Elle parle, elle raconte sa vie d’hier et d’avant-hier avec parfois des limites ou des lacunes mais ce n’est pas grave, elle témoigne des joies de sa famille, des peines aussi et de la façon dont elle a affronté les difficultés, relevé les défis. Elle a donné de l’amour, montré son amitié et reçu beaucoup d’affection et de tendresse. C’est une espérance pour ceux qui la rencontrent, une ligne à tracer dans leur propre vie. La valeur d’un sourire échangé est inestimable… et utile !
Comme ils sont "utiles", ces vieux, très vieux. Ils représentent cette humanité en marche, courageuse et déterminée, alimentée par la seule énergie qui reste quand on a tout abandonné, l’énergie de l’amour de son prochain. Ils sont les garants. Ne les laissons pas dans l’angoisse des conséquences d’une loi inhumaine.
Vicaire général du diocèse de Fréjus-Toulon, le père Charles Mallard commente les lectures du 16e dimanche du temps ordinaire. Savoir patienter, apprendre à connaître et ne pas suivre aveuglément le plus grand nombre, tels sont les trois axes des paraboles de la graine de moutarde et du levain dans la pâte pour comprendre et agir comme Dieu.
Il y a dans l’Évangile selon saint Matthieu un grand passage rassemblant les paraboles du Royaume. Chacun aura compris que c’est cette partie-là que nous lisons en ce mois de juillet au rythme des dimanches. Il s’agit, pour Jésus, de nous révéler "ce qui fut caché depuis la fondation du monde", comme il dit lui-même en citant sans doute un psaume (Mt 13, 35). Autrement dit, les paraboles nous sont données pour comprendre les secrets du cœur de Dieu : ce que nous ne percevons pas spontanément de sa logique ou de son action. C’est ainsi l’art du discernement qui nous est proposé à travers ces paraboles.
La parabole du bon grain et de l’ivraie donne un premier repère : la première impression n’est pas toujours la bonne, la première réaction n’est pas toujours la meilleure. À travers les conseils du maître à ses serviteurs, c’est toute la patience de Dieu qui nous est partagée : il faut savoir attendre et ne pas se précipiter. Certains pourraient penser que ce n’est vrai que pour les choses peu urgentes ou peu importantes. En fait, on s’aperçoit que ceux qui doivent intervenir dans l’urgence s’entraînent longuement pour que leur réaction soit la bonne, justement parce qu’il faut du temps, et que si on n’en a pas après, il faut le prendre avant ! C’est sans doute le conseil majeur de l’Évangile, l’enjeu le plus important du discernement : savoir attendre le bon moment.
Dans la première lecture, le sage soulignait aussi cette dimension essentielle de la durée : "À tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute tu accordes la conversion" (Sg 12, 19), c’est-à-dire que le temps est une deuxième chance pour le pécheur. Pour le bien comme pour le mal, c’est dans la durée que se révèle la nature des choses, mais aussi le cœur des personnes !
Ensuite, Jésus évoquait la parabole de la graine de moutarde. Si là, aussi, le temps intervient pour révéler la nature de la semence, on peut toutefois tirer un deuxième repère de discernement : ce qu’il y a de plus spectaculaire n’est pas forcément ce qu’il y a de plus important. C’est-à-dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences… on se souvient que c’est déjà ce que disait le Seigneur à Samuel lorsqu’il regardait les fils de Jessé pour trouver le roi choisi par Dieu. Comment faire alors pour ne pas se tromper ? Si le jardinier ne doit pas mépriser la graine de moutarde sous prétexte qu’elle est la plus petite, ce n’est pas non plus en choisissant la plus petite graine qu’il plantera le plus grand arbre ! En fait, pour reconnaître, il faut apprendre à connaître. C’est la raison pour laquelle le discernement passe non seulement par la patience mais aussi par l’étude et l’expérience : savoir découvrir et savoir apprendre, savoir réfléchir et savoir se laisser guider. On ne peut pas partager ce que Dieu connaît du monde et des choses sans se mettre à son écoute.
Enfin, Jésus évoquait le levain dans la pâte, lui aussi, signe du Royaume des Cieux. Là encore le temps intervient, là encore ce qu’il y a de plus petit n’est pas ce qui est le moins puissant, mais on peut trouver aussi un autre repère pour le discernement : il y a beaucoup plus de farine que de levain, mais c’est l’ingrédient minoritaire qui fait lever toute la pâte. Ainsi, ce n’est pas toujours la majorité qui compte ! Entre parenthèse, au long des siècles, les différents révolutionnaires et agitateurs le savent bien : contrairement à certains mythes politiques, la majorité ne fait pas l’histoire, en général elle la subit ! Il ne s’agit pas de chercher à s’extraire du reste du monde : le levain n’a aucun intérêt hors de la pâte. Mais il faut renoncer à l’illusion qu’une chose est bonne ou normale parce que tout le monde la trouve bonne ou normale. Ainsi le discernement ne doit pas chercher l’unanimité, ni avec lui… ni contre lui !
Savoir patienter, chercher à connaître, et ne pas suivre aveuglément le plus grand nombre, tels sont les trois axes que les paraboles de ce jour nous proposent pour comprendre et agir comme Dieu. Sans doute trouverons-nous ces principes particulièrement difficiles à observer dans un monde marqué par une culture de l’instantané, de l’apparence et de la foule… Mais en vérité, si Jésus évoque "ce qui est caché depuis la fondation du monde", c’est que le défi concerne toutes les époques ! À l’image de ce que saint Paul dit aux Romains, il faut accepter, non seulement que nous ne savons prier comme il faut, mais aussi que nous ne savons pas discerner comme il faut… Aussi, comme pour la prière, le discernement demande de rester disponible à la présence et à l’action de l’Esprit Saint.
Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Fille de Sion, qu’elle soutienne notre patience pour que nous puissions habiter le temps, décidant et agissant au bon moment. Trône de la Sagesse, qu’elle nous rende attentifs à la nature des choses plutôt qu’aux apparences pour que nous puissions mieux comprendre ce que Dieu nous propose. Porte du Ciel, qu’elle nous conduise sur le chemin qui mène au Père, même quand c’est un chemin exigeant, pour que nous demeurions en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
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