Foi & Spiritualité

13 juin * Que signifie l’expression “s’abandonner à Dieu” ?

Lorsque vous ne trouvez pas de solution à vos problèmes, remettez-les entre les mains de Dieu car Il s’occupe de tout. Est-ce bien là le sens de l’expression "s’abandonner à Dieu" ?

Les êtres humains versent facilement dans l’hyper contrôle, et croient parfois que tout dépend d’eux. Ils s’affairent en permanence, et dès qu’ils atteignent un objectif, pensent déjà au suivant. Une telle frénésie les mène à fixer leur regard sur la terre, en oubliant Dieu. Cette attitude guide le comportement de nombreuses personnes, qui vivent sans penser qu’à tout moment Dieu pourrait donner un petit coup de pouce et démêler les situations les plus complexes.

Il est important d’apprendre à distinguer les situations difficiles auxquelles vous pouvez remédier de celles qui ne dépendent pas de votre intervention. Cette seconde catégorie exige de faire preuve d’humilité, pour permettre à Dieu de réordonner les choses. L’Évangile de saint Matthieu rapporte quelques paroles de Jésus sur l’abandon à Dieu (Mt 6,27-34) :

Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. 

Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.

Apprendre à s’abandonner à Dieu

Il est parfois difficile de croire aux paroles de Jésus. Pourtant, s’il demande d’apprendre à faire confiance et de ne pas se faire de souci pour l’avenir, pourquoi ne le comprenons-nous pas ? Il suffirait de dire de tout son cœur  (Rm 5,5) : “Jésus, que ta volonté soit faite, occupe-toi de tout”, pour voir la différence dans sa vie. Tout le monde rencontre évidemment des imprévus et des vicissitudes, car les bas comme les hauts font partie de la vie, mais c’est ainsi que l’on peut apprendre à faire confiance au Seigneur. En fin de compte, la meilleure décision que l’on puisse prendre, c’est de croire que la volonté de Dieu sera faite et que toute difficulté sera résolue, dès lors qu’elle est laissée entre les mains du Seigneur. Il aime chaque homme et veut simplement le meilleur pour lui. Alors, ayez confiance et priez, car “l’espérance ne déçoit pas”.

14 juin * Apparitions à Paray-le-Monial : que s’est-il passé il y a 350 ans ?

Le sanctuaire de Paray-le-Monial est en fête. Avec un grand jubilé jusqu’en 2025, ce haut lieu catholique célèbre les apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, entre 1673 et 1675.

Que s’est-il passé à Paray-le-Monial entre 1673 et 1675 ?

Entre 1673 et 1675, le monastère de la Visitation de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) est le théâtre de diverses apparitions de Jésus à la sœur visitandine Marguerite-Marie Alacoque, elle qui avait déjà eu des visions mystiques du Christ en Croix ou en Ecce Homo, durant sa jeunesse :

Y a-t-il eu d’autres apparitions du Sacré Cœur à Paray-le-Monial ?

Les événements de 1673 à 1675 ne sont pas les seules apparitions du Sacré Cœur à sœur Marguerite-Marie Alacoque. Il y en aura d'autres dans les décennies suivantes. Elle se consacre entièrement à lui et parlera alors d'un «mariage mystique». Enfin, le 2 juillet 1687, Marguerite voit le Sacré-Cœur et intime aux visitandines et aux jésuites de propager cette dévotion.

Que s'est-il passé après les apparitions ?

Dès 1685, Marguerite-Marie se voit confiée la charge de «maitresse des novices» du monastère de la Visitation de Paray-le-Monial. Une fonction qu'elle va vite mettre à profit pour «faire éclore la dévotion du Sacré-Cœur« chez ces jeunes futures nonnes. Ainsi, l'année suivante, le tout premier autel à la gloire du Cœur de Jésus est construit sur place. Mais malgré les critiques, le scepticisme et les humiliations des théologiens de son époque face à ce qui est encore appelé «fausse dévotion», Marguerite persiste. La même année, la fête du Sacré-Cœur de Jésus est célébrée à Paray-le-Monial. Il faudra attendre 1687 pour que la toute première chapelle commémorant les événements soit construite dans le jardin du monastère.

C'est seulement en 1765 que Rome autorise la célébration universelle de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, tous les troisièmes vendredis après la Pentecôte. Quant à elle, Marguerite-Marie sera l'objet d'une très longue enquête diocésaine, retardée par la Révolution française, qui n'aboutira que le 18 septembre 1864 par sa béatification, puis sa canonisation le 13 mai 1920, par Benoît XV.

Au fils des ans, de nombreuses communautés religieuses s'installeront près de la Chapelle des apparitions. Les sœurs de la Visitation sont toujours présentes et prient quotidiennement pour les intentions du Cœur de Jésus. Elles accueillent les pèlerins qui viennent visiter le lieu des révélations de Jésus à sainte Marguerite-Marie. Les jésuites – dont saint Claude La Colombière, le confesseur de la sainte, faisait partie – exercent un ministère de confession pour les communautés cloîtrées et les pèlerins dans la chapelle Saint-Claude, mais aussi d'évangélisation pour propager le Cœur de Jésus dans le monde. Des clarisses et des dominicaines sont aussi présentes sur place. Elles prient pour le salut du monde et tentent de suivre les recommandations laissés par le Christ lui-même, entre 1673 et 1675.

La Communauté de l'Emmanuel est aujourd'hui chargée du Sanctuaire de Paray-le-Monial depuis 1985. Sur ordre du diocèse d'Autun, Chalon et Mâcon, les 160 membres de la communauté animent un groupe de prière et de louange à la chapelle de la Visitation.

14 juin * Moment de prière à l’occasion du 10ème anniversaire de l’invocation pour la paix en Terre Sainte

Moment de prière du Pape François à l’occasion du 10ème anniversaire de l’invocation pour la paix en Terre Sainte le 7 juin 2024.

Éminences, Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers frères et sœurs !

Je vous remercie d’être là pour célébrer le 10ème anniversaire de l’invocation pour la paix en Terre Sainte. Merci !

Le Président de l’État d’Israël de l’époque, feu Shimon Peres, et le Président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas, avaient accepté mon invitation à venir ici pour implorer de Dieu le don de la paix. Quelques semaines plus tôt, j’étais en pèlerinage en Terre Sainte et j’y avais exprimé le grand désir que les deux se rencontrent, pour accomplir un geste significatif, historique, de dialogue et de paix. Je porte dans mon cœur une grande reconnaissance au Seigneur pour ce jour, et je garde le souvenir de l’étreinte émouvante que les deux Présidents ont échangée, en présence aussi de Sa Sainteté Bartholomée Ier, Patriarche Œcuménique, et des représentants des communautés chrétiennes, juives et musulmanes venues de Jérusalem.

Aujourd’hui, faire mémoire de cet événement est important, particulièrement à la lumière de ce qui se passe malheureusement en Palestine et en Israël. Depuis des mois, nous assistons à une montée de l’hostilité et nous voyons tant de personnes, dont beaucoup d’innocents, mourir sous nos yeux. Toute cette souffrance, la brutalité de la guerre, la violence qu’elle déchaîne, la haine qu’elle sème également dans les générations futures devraient nous convaincre que « toute guerre laisse le monde pire que dans l’état où elle l’a trouvé. La guerre est toujours un échec de la politique et de l’humanité, une capitulation honteuse, une déroute devant les forces du mal » (Lett. enc. Fratelli tutti, n. 261).

C’est pourquoi, au lieu de nous bercer de l’illusion que la guerre peut résoudre les problèmes et conduire à la paix, nous devons être critiques et vigilants à l’égard d’une idéologie, malheureusement dominante aujourd’hui, selon laquelle « le conflit, la violence et les ruptures font partie du fonctionnement normal d’une société » (ibid., n. 236). Les enjeux sont toujours des luttes de pouvoir entre différents groupes sociaux, des intérêts économiques partisans, des équilibres politiques internationaux qui visent une paix apparente, fuyant les vrais problèmes.

Au contraire, à une époque marquée par des conflits tragiques, nous avons besoin d’un engagement renouvelé pour construire un monde pacifique. À tous, croyants et personnes de bonne volonté, je voudrais dire : ne cessons pas de rêver de paix et de construire des relations pacifiques !

Je pense à combien il est urgent que, des décombres de Gaza, surgisse enfin la décision de faire taire les armes

Chaque jour, je prie pour que cette guerre prenne s’achève enfin. Je pense à tous ceux qui souffrent, en Israël et en Palestine : aux chrétiens, aux juifs, aux musulmans. Je pense à combien il est urgent que, des décombres de Gaza, surgisse enfin la décision de faire taire les armes et, par conséquent, j’appelle à un cessez-le-feu. Je pense aux membres des familles et aux otages israéliens et je demande qu’ils soient libérés dès que possible. Je pense à la population palestinienne et je demande qu’elle soit protégée et qu’elle reçoive toute l’aide humanitaire dont elle a besoin. Je pense aux nombreuses personnes déplacées par les combats et je demande que leurs maisons soient reconstruites rapidement afin qu’elles puissent y retourner dans la paix. Je pense également aux Palestiniens et aux Israéliens de bonne volonté qui, au milieu des larmes et des souffrances, ne cessent d’attendre avec espérance l’arrivée d’un jour nouveau et s’efforcent d’anticiper l’aube d’un monde pacifique dans lequel tous les peuples, « de leurs épées, forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre » (Is 2, 4).

Nous devons tous travailler et nous engager pour parvenir à une paix durable, où l’État de Palestine et l’État d’Israël puissent vivre côte à côte, en abattant les murs de l’inimitié et de la haine ; et nous devons tous chérir Jérusalem, pour qu’elle devienne la ville de la rencontre fraternelle entre chrétiens, juifs et musulmans, protégée par un statut spécial assuré au niveau international.

Frères et sœurs, nous sommes ici aujourd’hui pour invoquer la paix. Nous la demandons à Dieu comme un don de sa miséricorde. Car la paix ne se fait pas seulement sur des accords écrits sur papier ou sur des compromis humains et politiques. 

Elle vient de cœurs transformés, elle naît lorsque chacun de nous est rejoint et touché par l’amour de Dieu, qui dissout notre égoïsme, brise nos préjugés et nous donne le goût et la joie de l’amitié, de la fraternité et de la solidarité mutuelle. Il ne peut y avoir de paix si nous ne laissons pas d’abord Dieu lui-même désarmer notre cœur, pour le rendre accueillant, compatissant et miséricordieux. Ce sont les attributs de Dieu : la proximité accueillante, la compassion et la miséricorde. Dieu est proche, compatissant et miséricordieux.

Ce soir, nous voulons renouveler notre prière, nous voulons encore élever vers Dieu notre supplique pour la paix, comme nous l’avons fait il y a dix ans. Nous voulons demander au Seigneur de faire croître encore l’olivier que nous avons planté ce jour-là : il est déjà devenu fort, luxuriant, parce qu’il a été à l’abri des vents et arrosé avec soin. De la même manière, nous devons demander à Dieu que la paix germe dans le cœur de chaque homme, dans chaque peuple et nation, dans chaque parcelle de terre, à l’abri des vents de la guerre et arrosée par ceux qui s’efforcent chaque jour de vivre en fraternité.

Ne cessons pas de rêver de paix, qui nous donne la joie inespérée de nous sentir membres d’une unique famille humaine. Cette joie, je l’ai vue il y a quelques jours à Vérone, sur les visages de ces deux pères, un Israélien et un Palestinien, qui se sont embrassés devant tout le monde. C’est ce dont Israël et la Palestine ont besoin : une accolade de paix !

Demandons donc au Seigneur que les chefs d’État et les parties en conflit retrouvent le chemin de la concorde et de l’unité. Qu’ils se reconnaissent tous comme des frères. Nous le demandons au Seigneur et, par l’intercession de Marie, la Vierge de Nazareth, Reine de la Paix, répétons cette prière d’il y a dix ans :

Seigneur Dieu de paix, écoute notre supplication ! Nous avons essayé tant de fois et durant tant d’années de résoudre nos conflits avec nos forces et aussi avec nos armes ; tant de moments d’hostilité et d’obscurité ; tant de sang versé ; tant de vies brisées, tant d’espérances ensevelies… Mais nos efforts ont été vains. A présent, Seigneur, aide-nous Toi ! Donne-nous Toi la paix, enseigne-nous Toi la paix, guide-nous Toi vers la paix. Ouvre nos yeux et nos cœurs et donne-nous le courage de dire : “plus jamais la guerre” ; “avec la guerre tout est détruit !”. Infuse en nous le courage d’accomplir des gestes concrets pour construire la paix. Amen.

Seigneur, Dieu d’Abraham et des Prophètes, Dieu Amour qui nous a créés et nous appelle à vivre en frères, donne-nous la force d’être chaque jour des artisans de paix ; donne-nous la capacité de regarder avec bienveillance tous les frères que nous rencontrons sur notre chemin. Rends-nous disponibles à écouter le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon. Maintiens allumée en nous la flamme de l’espérance pour accomplir avec une patiente persévérance des choix de dialogue et de réconciliation, afin que vainque finalement la paix. Et que du cœur de chaque homme soient bannis ces mots : division, haine, guerre !

Seigneur, désarme la langue et les mains, renouvelle les cœurs et les esprits, pour que la parole qui nous fait nous rencontrer soit toujours « frère », « sœur », et que le style de notre vie devienne : shalom, paix, salam ! Amen.

13 juin * Les grottes de Saint-Antoine de Brive-la-Gaillarde : le Lourdes limousin méconnu

À quelques minutes du centre-ville de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), les grottes de Saint-Antoine sont une halte bucolique pour les pèlerins vers Compostelle. Un haut-lieu corrézien source de paix intérieur et d’anecdotes historiques improbables.

Insoupçonnées. Tel pourrait être la manière de décrire les grottes dédiées au saint patron de Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. Ces simples grottes creusées à mains nues, durant le Moyen Âge, sont le plus important centre de pèlerinage au nord-ouest du Massif Central. Pas loin du chemin de Compostelle et du sanctuaire de Lourdes, les pèlerins aiment s'y arrêter. Et pour cause, Fernando Martins de Bulhões (alias saint Antoine de Padoue) aimait s'y ressourcer et prier du temps de ses pérégrinations dans le Limousin. On dit même que la Vierge à l'Enfant Jésus lui serait apparue, en septembre 1226 !

Un point d’attraction au cœur de la nature

Ce lieu de dévotion populaire qui abrite une communauté de six frères franciscains accueille, tous les jours de l'année, touristes, curieux et fidèles dans un écrin de verdures de 5 hectares. Dans une atmosphère calme et éloigné de la ville, ce sanctuaire assez méconnu des Corréziens est constitué de deux parties : les grottes en elles-mêmes en contre-bas de la falaise au sud du centre-ville, et le très pentu parc en partie supérieure, avec sa chapelle, son magasin monastique, son hôtellerie gérée par les franciscains locaux et son chemin de croix surplombant la ville.

Lieu de spiritualité par excellence

Véritable repaire religieux depuis le XIIIe siècle, les grottes attirent environ 50 000 personnes, chaque année. Au-delà des objets perdus, pour lesquels saint Antoine de Padoue y est souvent invoqué, les pèlerins découvrent sur place, au contact des franciscains, des aspects méconnus de la vie du saint : sa fraternité et simplicité. 

L'Histoire raconte qu'entre 1226 et 1227, le célèbre prédicateur fut nommé «Custode» (en français, supérieur religieux local) du Limousin par le pape Grégoire IX. Son but : prêcher la Bonne Nouvelle contre les Cathares, une communauté qui se présentait comme chrétienne au sud de la France et jugée hérétique par l’Église catholique. Un défi de taille pour le Portugais, qui dans les moments de doute aimait s'isoler dans ces grottes. C'est en ce lieu qu'il assiste à une apparition de Marie. Alors que les moines qui l'accompagnaient étaient affamés, une femme se rendit sur place pour leur donner de la nourriture. Malgré une forte pluie, elle ne fut touchée par aucune goutte d'eau. «La Vierge est venue me consoler», écrira-t-il. Voilà que naît la dévotion locale à Notre-Dame du Bon Secours. La Légende dorée raconte aussi que le saint aurait fait apparaître une source d'eau en creusant la roche. Les pèlerins se rendent nombreux aujourd'hui aux quatre robinets pour la recueillir. Un an après sa mort, le 13 juin 1233, Antoine y est célébré pour la toute première fois. Un siècle plus tard, les grottes deviennent un grand lieu de pèlerinage. Un ermitage puis une chapelle sont construits au-dessus des cavités. Au XIXe siècle, un monastère et une nouvelle église sont érigés par les franciscains. Un chemin de croix sera, plus tard, aménagé.

Aujourd'hui, le monastère a été reconverti en hôtellerie pour les pèlerins de passage, sous l'égide de l'association Les amis de saint Antoine. Elle propose des chambres, des salles de réunion et un magasin de produits monastiques.

14 juin * À quand remonte l’adoration eucharistique dans l’Église ?

Si l'Église a toujours cru en la présence de Jésus dans l'Eucharistie, l'adoration du Saint-Sacrement s'est développée plus tardivement.

L’Église catholique croit depuis le temps des Apôtres que Jésus est réellement et substantiellement présent dans l’Eucharistie consacrée lors de la messe. Cependant, la pratique de l’adoration eucharistique, par laquelle les personnes regardent une hostie consacrée et prient devant elle, ne s’est développée que plus tard.

Pendant longtemps, l’usage voulait que la plupart des hosties consacrées à la messe soient consommées immédiatement ou distribuées aux malades et aux personnes isolées. Les tabernacles étaient rares et généralement situés à l’écart de l’église principale, sans être des lieux de dévotion personnelle. La pratique a évolué aux Xe et XIe siècles, après qu’un archidiacre français, Béranger de Tours, a publiquement nié la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, en réduisant celle-ci à un simple signe. Le pape Grégoire VII lui-même est intervenu pour répondre à cette hérésie, entraînant ainsi une sorte de “renouveau eucharistique” en France.

John Hardon (1914-2000), prêtre américain et théologien, décrit les suites de cet événement dans son livre The History of Eucharistic Adoration (non traduit en français) :

Avec cette profession de foi, les églises d’Europe ont entamé ce qu’il convient d’appeler une renaissance eucharistique. Les processions du Saint-Sacrement furent instituées, les actes d’adoration réglementés […] les cellules des religieuses pourvues de fenêtres donnant sur l’église pour leur permettre de voir et d’adorer devant le tabernacle.

Élévation de l’hostie à la messe : À peu près à la même époque, une autre nouveauté a été introduite dans la liturgie : l’élévation de l’hostie à la messe, après les paroles de consécration. On attribue d’ailleurs l’origine de cette pratique à Notre-Dame de Paris.

Pendant une grande partie de l’histoire de l’Église, le prêtre célébrait face à l’autel, dos au peuple, de telle sorte que pendant la récitation de la prière eucharistique, l’assemblée ne pouvait voir l’hostie et le calice. La pratique a perduré jusqu’au XIIIe siècle, période où de nombreux saints ont cherché des moyens d’approfondir la foi des fidèles en l’Eucharistie. Ainsi, on a attribué de grands bienfaits spirituels au fait de pouvoir contempler directement le Corps du Seigneur. Toutefois, se sont en parallèle développées des idées erronées, selon lesquelles les adorateurs recevaient en conséquence de privilèges spéciaux. 

La fête du Corpus Christi, ou fête du Saint-Sacrement, a été instituée peu de temps après, renforçant la dévotion à Jésus Eucharistie dans l’adoration. Quant à la pratique de l’adoration, elle s’est poursuivie depuis lors dans le rite romain de l’Église catholique.

PREMIÈRE LECTURE

« Je relève l’arbre renversé » (Ez 17, 22-24) * Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
« À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; au sommet de sa ramure, j’en cueillerai une toute jeune, et je la planterai moi-même sur une montagne très élevée.
Sur la haute montagne d’Israël je la planterai.
Elle portera des rameaux, et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique.
En dessous d’elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d’oiseaux, à l’ombre de ses branches ils habiteront.
Alors tous les arbres des champs sauront que Je suis le Seigneur :
je renverse l’arbre élevé
et relève l’arbre renversé,
je fais sécher l’arbre vert
et reverdir l’arbre sec.
Je suis le Seigneur, j’ai parlé,
et je le ferai. »

– Parole du Seigneur.

Dimanche 16 juin 2024 

11ème dimanche du temps ordinaire

PSAUME

(91 (92), 2-3, 13-14, 15-16) * R/ Il est bon, Seigneur, de te rendre grâce ! (cf. 91, 2a)

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
d’annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits.

Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

DEUXIÈME LECTURE

« Que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur » (2 Co 5, 6-10) * Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ; en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision.
Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur.
Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur.
Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle grandit, elle dépasse toutes les plantes potagères » (Mc 4, 26-34) * Alléluia. Alléluia. La semence est la parole de Dieu ; le semeur est le Christ ; celui qui le trouve demeure pour toujours. Alléluia. * Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, parlant à la foule, Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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